Markale Jean - Le cycle du Graal Volume 1 La naissance du roi Arthur


Auteur : Markale Jean
Ouvrage : Le cycle du Graal Volume 1 La naissance du roi Arthur Première époque
Année : 1992

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Aux sources vives de la tradition européenne Le patrimoine de l’humanité comprend non seulement les moments architecturaux les plus spectaculaires du passé, mais toutes les œuvres de l’esprit sous quelque aspect qu’elles se présentent. Elles témoignent toutes des grandes étapes de l’aventure humaine depuis l’aube des temps, surtout lorsqu’elles ont été véhiculées de génération en génération par la mémoire collective des peuples. Ainsi ont survécu et perduré les grands mythes essentiels sans cesse réactualisés au cours des siècles par des récits mythologiques, épopées ou sagas, sous lesquels se dessinent les schémas les plus archaïques, adaptés aux conditions matérielles, psychologiques et intellectuelles des groupes humains qui les ont recueillis ou conservés. Le Mahâbhârata indien, la Bible hébraïque, le Gilgamesh assyro-babylonien, l’Odyssée grecque, les Eddas scandinaves, le Kalevala finlandais – même dans sa reconstitution conjecturale – sont, parmi beaucoup d’autres, des témoignages irrécusables de cette mémoire qui se déroule constamment à travers la multiplicité des images signifiantes. De plus, à cet intérêt documentaire, à cette précieuse connaissance de l’évolution humaine qu’apportent ces récits, s’ajoute un intérêt esthétique, car la beauté, quelle qu’elle soit, n’est jamais absente de telles œuvres, en garantissant même ainsi la pérennité. On peut cependant s’étonner que, dans ce grand livre d’heures de la mémoire universelle, les récits celtiques, ou d’origine celtique, soient, sinon absents, du moins fort peu présents. C’est d’autant plus surprenant si l’on se souvient que les peuples de civilisation celtique ont, pendant plusieurs siècles avant notre ère, occupé les trois quarts de l’Europe, et se maintiennent encore dans la frange atlantique de ce même continent. Il y a certes de multiples raisons à cette demi-absence, la principale étant que ces peuples celtes n’ont pas laissé de témoignage écrit avant leur christianisation. On pourrait aussi argumenter sur le fait que la civilisation celtique a été celle de peuples vaincus qui se sont marginalisés ou ont été absorbés dans d’autres cadres culturels. Pourtant, depuis les progrès de la philologie, d’innombrables épopées irlandaises en langue gaélique ainsi que des récits en langue galloise ont été tirés de l’oubli et de la poussière de manuscrits jusqu’alors indéchiffrés. Et surtout on a, pendant longtemps, voulu ignorer qu’une abondante littérature médiévale, connue sous l’appellation de « cycle arthurien », ou de « romans de la Table Ronde », rédigée tant en français qu’en latin, en anglais, en occitan, en italien, en allemand et même en scandinave, tire incontestablement ses sources d’une tradition celtique très ancienne. Certes, certains personnages de cet immense cycle d’aventures extraordinaires ne sont pas des inconnus pour le grand public, et ils sont souvent passés dans une sorte de « folklore » aux contours quelque peu flous : l’enchanteur Merlin, la fée Viviane, le beau Lancelot du Lac, l’imposant roi Arthur sont des ombres désormais familières sur l’écran de l’imaginaire contemporain. Ils sont même parmi les héros les plus prisés des amateurs de « jeux de rôles », ces étranges et parfois inquiétants rituels d’une jeunesse désemparée à la recherche de structures mythologiques susceptibles de reconstruire un monde bouleversé. Et puis, lorsque rien ne va plus dans une quelconque société, on se hâte d’organiser une « table ronde », autour de laquelle peuvent s’asseoir, dans une égalité de principe, des interlocuteurs d’esprits divergents en mal de consensus. N’est-ce pas là un hommage indirect rendu à cette fameuse Table Ronde parrainée par Merlin et Arthur (par le druide et le roi) en vue de constituer un univers fraternel, parfaitement idéal et utopique, où se trouve réalisée l’harmonie entre le collectif et l’individuel ? Quant au mystérieux Graal, même si personne ne sait ce que c’est, il relève du vocabulaire courant, surtout en cette période d’angoisse et de turbulence spirituelle : chercher le Graal, c’est finalement se chercher soi-même au milieu des pires aveuglements, et, en définitive, chacun de nos contemporains, à quelque degré que ce soit, consciemment ou non, accomplit sa « quête du Graal ». C’est dire l’importance toute particulière que revêtent ces récits surgis d’un très lointain passé. À travers l’extraordinaire, le merveilleux, le fantastique, ils définissent une règle de vie que nous avons non pas perdue mais négligée. Et, à l’heure où l’on tente, avec courage mais dans la plus grande confusion, de construire l’Europe, ou plutôt de la reconstruire comme on assemble les débris d’un vase de porcelaine, quand chaque peuple essaie de concilier son nationalisme agressif hérité des péripéties de l’histoire et sa volonté altruiste de fraternité universelle, ce cycle du Graal et du roi Arthur peut apparaître, non pas comme un modèle, mais comme une extraordinaire source de réflexions. Car, après tout, il s’agit là, sous une forme symbolique et imagée, d’une véritable synthèse des pulsions fondamentales des peuples qui ont constitué l’Europe, et dont nous sommes, qu’on le veuille ou non, les héritiers authentiques. Le succès de ces Romans de la Table Ronde, au cours du Moyen Âge, ne s’explique pas autrement : chacun y trouvait quelque chose de lui-même. Et c’est sans doute le moment opportun de leur rendre leur dimension originelle en tant que témoignage d’une tradition européenne trop longtemps mise en sommeil. La légende prétend que le roi Arthur n’est pas mort : il se trouve « en dormition », quelque part, au milieu de l’océan, dans une énigmatique île d’Avalon, veillé par les fées, et, un jour, il se réveillera et reviendra, étreignant dans sa main l’épée de souveraineté, afin de reconstituer le royaume idéal que les puissances des ténèbres l’avaient autrefois empêché de réaliser. Millénarisme ? Peut-être, mais hautement significatif. Les œuvres littéraires les plus célèbres – mais il en est de même pour toute œuvre d’art – sont celles qui s’adressent au plus profond de l’inconscient humain. Elles ne font qu’exprimer, grâce à des techniques particulières de mémorisation et sous des formes concrètes, un ressenti qui n’ose point parvenir jusqu’au seuil de la conscience logique. C’est aussi le cas des épopées, des grands récits mythologiques dont les auteurs, la plupart du temps anonymes, parfois collectifs, sont les transcripteurs de données antérieures constamment remises à jour selon les circonstances. Longtemps considérées comme des œuvres maladroites, comme des récits naïfs d’une époque révolue où régnaient le désordre et l’irrationnel, les épopées apparaissent maintenant comme de grandes créations de l’esprit, aussi bien dans leur aspect esthétique que dans leur contenu. Encore faut-il les appréhender et les connaître dans leur authenticité. Et c’est là que les difficultés commencent, en particulier pour les récits celtiques ou d’origine celtique. Car ils constituent une sorte de corpus inorganisé, un ensemble de textes d’époques et de langues différentes, une suite d’épisodes le plus souvent fragmentaires et parfois inachevés ou même contradictoires : dans ces conditions, s’arrêter à une seule œuvre ne peut permettre d’en tirer des conclusions d’ordre général. Le Graal, dans le poème français de Chrétien de Troyes, Perceval, est un objet mystérieux, un simple récipient dont l’auteur ne nous dit pas ce qu’il contient. Trente ans plus tard, l’un des continuateurs de Chrétien de Troyes en fait un calice contenant le sang du Christ et, au milieu du XIIIe siècle, la version dite « classique » ou encore « cistercienne » de la légende le présente comme l’écuelle qui servit à Jésus pendant la Cène. Quant à Wolfram von Eschenbach, auteur de la version allemande du Parzival, au début du XIIIe siècle, il nous montre le Graal comme une mystérieuse pierre tombée du ciel et sur laquelle, chaque vendredi, une colombe vient apporter une hostie. Et, dans certaines versions, le héros du Graal est Perceval (ou Parzival, ou Perlesvaux, ou Peredur), tandis que dans la version cistercienne, c’est le pur Galaad, fils de Lancelot du Lac, qui est l’heureux découvreur du vase sacré. Dans ces conditions, il n’est guère aisé de s’y reconnaître, et encore moins de prétendre que telle ou telle version est la bonne, ou du moins la plus conforme à un éventuel original qui aurait été perdu. ...

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