Auteur : De Caylus Anne
Ouvrage : Description de la Table Isiaque
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Première partie. Le précieux reste d’antiquité connu sous le nom de Table Isiaque a mérité l’attention des plus savants hommes de l’Europe ; plusieurs en ont donné l’explication, presque tous l’ont cité. Je n’examinerai point la variété des sentiments de ceux qui en ont écrit ; cet examen ne servirait qu’à prouver combien les hommes font attachés au système qu’ils ont créé ou adopté ; mais je conviendrai que rien n’est si difficile à expliquer qu’un monument égyptien composé d’un grand nombre de figures, et qui fait naître des conjectures d’autant moins satisfaisantes que les auteurs grecs, les seuls guides que nous puissions avoir sur l’Égypte, ne sont point d’accord entre eux, et se trouvent souvent contredits par les monuments. La Table Isiaque en fournit plusieurs exemples. D’ailleurs, on peut regarder les compositions égyptiennes du même oeil que Marsham voit la religion de l’Égypte, et dont il dit : immensa res est aegyptiorum religio seu cultus vetustatem spectemus, seu varietatem. Il m’a paru de plus que les explications qu’on a données jusque ici de la Table Isiaque, quoique pleines d’esprit et d’érudition, ont levé peu de difficultés, car il faut convenir que les systèmes généraux sont plus flatteurs pour ceux qui les inventent, qu’ils ne sont utiles à ceux qui les lisent. Je ne me flatte assurément pas d’éclaircir un pareil monument, je tente une autre voie, et je me renferme uniquement dans les descriptions, elles sont moins brillantes que les systèmes, mais elles servent au moins à fixer l’attention de celui qui veut étudier, et à lui donner les moyens d’employer la comparaison des détails, et d’aller plus loin que celui qui les présente. Les descriptions qui composent ce mémoire, quoique simples, renfermées dans la nature et soumises aux procédés de l’Art, ont cependant besoin à plusieurs égards d’une indulgence que les auteurs des systèmes ont su mériter par l’esprit, l’imagination et la profonde érudition. Pour moi, je ne me propose que de présenter ici un nouvel effort pour l’instruction : quand la vérité n’a point été démontrée, il faut non seulement se contenter de la vraisemblance, mais admettre les plus faibles moyens pour en approcher. ...