Besant Annie - Quelques difficultés de la vie intérieure


Auteur : Besant Annie
Ouvrage : Quelques difficultés de la vie intérieure
Année : 1903

Lien de téléchargement : Besant_Annie_-_Quelques_difficultes_de_la_vie_interieure.zip

Tout homme qui entreprend sérieusement de vivre de la vie intérieure rencontre certains obstacles au début même de la voie qui doit l'y conduire, obstacles qui se renouvellent dans l'expérience de chacun, parce qu'ils ont leurs sources dans Ia nature commune des hommes. A chaque voyageur ils semblent nouveaux et particuliers à luimême; ils provoquent ainsi un sentiment de découragement personnel qui entrave la force nécessaire pour les surmonter. Si l'on comprenait que ces obstacles font partie de l'expérience commune des aspirants, qu'on les rencontre toujours et qu'ils sont constamment vaincus, peut-être la connaissance de ce fait apporterait-elle un peu de consolation au néophyte abattu. Un, serrement de main dans les ténèbres, le son d'une voix amie disant: "Compagnon , j'ai marché où tu marches, et par ce chemin l'on peut arriver". Voilà ce qui peut conduire dans la nuit, et ce pourquoi, c'est-à-dire pour servir le monde, nous, écrivons cet article. Une de ces difficultés me fut présentée, il y a un certain temps, par un ami et "compagnon de voyage", relativement à des conseils qui lui avaient été donnés pour la purification du corps. Il ne développait pas entièrement la question, mais il affirmait avec beaucoup d'évidence et d'intuition que, pour la plupart d'entre nous, la difficulté se trouve dans l'homme intérieur plutôt que dans ses moyens d'action; que, pour la plupart d'entre nous, les corps étaient suffisamment bons, tout au plus manquaient-ils un peu d'accord, mais que c'est l'homme lui-même qui avait extrêmement besoin de progresser. Lorsque l'harmonie n'était point obtenue, le musicien était plus à blâmer que son instrument, mais, si le premier se perfectionnait, l'instrument pouvait devenir acceptable et devenir capable de vibrer plus harmonieusement puisque cette harmonie découle des doigts qui en touchent les cordes. Mon ami ajoutait avec énergie et même avec un peu d'emphase: "Je peux faire de mon corps ce que je veux; la difficulté c'est que, moi, je ne veux pas ! " Voilà bien une difficulté que ressent tout aspirant sérieux. l'amélioration de l'homme lui-même est ce qu'il y a de plus nécessaire, et sa faiblesse, son manque de volonté et de résolution tenace, sont des obstacles plus redoutables que tous ceux que le corps peut mettre sur notre chemin. Il y a bien des méthodes connues par lesquelles nous pouvons réaliser des corps d'un type supérieur, si nous le voulons, mais c'est justement notre "vouloir" qui est insuffisant. Nous possédons la connaissance, nous admettons l'avantage qu'il y a à la mettre en pratique, mais nous manquons de l'impulsion nécessaire pour le faire. La difficulté fondamentale se trouve dans notre nature intérieure; elle est inerte, la volonté d'agir est absente; ce n'est pas que les obstacles extérieurs soient infranchissables, mais l'homme lui-même demeure inerte et n'a pas le désir de les surmonter. Cette expérience est sans cesse renouvelée par nous; il semble que notre idéal manque de charmes; il ne réussit pas à nous attirer; nous n'avons pas à coeur de le réaliser, même lorsque nous avons décidé logiquement que sa réalisation est désirable. Il demeure devant nous comme de la nourriture devant un homme qui n'a pas faim; c'est assurément une excellente nourriture, et peut-être en sera-t-il content demain, mais, en ce moment, il ne la demande pas et préfère se chauffer, étendu au soleil, plutôt que de se lever et de la prendre. Le problème se réduit donc à deux questions: Étant un être rationnel, pourquoi estce que je ne veux pas ce que je sais être désirable pour mon bonheur ? Que puis-je faire pour m' obliger à vouloir ce que je sais être profitable à moi-même et à autrui ? l'instructeur spirituel qui pourrait répondre effectivement à ces questions rendrait un bien plus grand service à beaucoup de gens que celui qui ne fait que réitérer sans cesse l'abstraite nécessité de l'idéal que nous reconnaissons tous, et la nature impérative des obligations que nous admettons — tout en les négligeant. La machine est assez bien construite; qui mettra son doigt sur le levier pour la mettre en marche ? A la première question, on doit répondre par une analyse de la soi-conscïence vraiment capable d'explïquer cette dualité problématique: le fait que nous ne désirons pas ce que nous voyons être désirable. Nous avons l'habitude de considérer la conscience de soimême comme étant une unité, et pourtant, lorsque nous tournons nos regards au dedans, nous voyons une inexplicable quantité de "moi" et nous sommes étourdis par la clameur des voix contraires sortant toutes apparemment de nous-mêmes. Maintenant, la conscience — et la conscience de soi-même n'est que la conscience attirée vers un centre défini qui reçoit et renvoie — est une unité, et, si elle paraît extérieurement multiple, ce n'est pas parce qu'elle a perdu son unité, mais parce qu'elle s'y présente par de différents indices. Nous parlons couramment des véhicules de la conscience, mais peut-être ne savons-nous pas toujours ce que signifie celle expression. Si le courant d'une pile galvanique passe à travers plusieurs séries de substances différentes, son apparition dans le monde extérieur changera avec chaque fil. Dans un fil de platine, il peut apparaître comme de la lumière, dans un fil de fer comme de la chaleur; autour d'une barre de fer un peu malléable comme de l'énergie magnétique, et, s'il passe dans une solution particulière, comme une force qui décompose et reconstitue à nouveau. Une seule énergie est présente, mais elle apparaît de beaucoup.de façons, car la manifestation de la vie est toujours, conditionnée par ses formes et, selon que la conscience fonctionne dans le corps causal, mental, astral ou physique, le "moi" qui en résulte présente des caractéristiques très différentes. Le "moi" " conscient sera comme Le véhicule qu'il vivifie pour le moment. S' il fonctionne dans le corps astral, il sera le "moi" des sens; si c'est dans le corps mental, il sera le "moi" de l'intelligence. Dans l'illusion, aveuglé par la matière qui l'enveloppe, il s'identifie avec le besoin impérieux des sens ou par le raisonnement de l'intellect, et s'écrie: "Je désire", " je pense". La nature qui développe les germes du bonheur et de la sagesse est l'Homme éternel; elle est la racine des sensations, et des pensées; mais ces sensations et pensées elles-mêmes ne sont que les activités transitoires, dans ses corps extérieurs, mises en action par le contact de sa vie avec la vie extérieure du Soi avec le "non-soi". Il fait des centres temporaires, pour sa vie, dans l'un ou l'autre de ces corps, attiré par les attouchements de l'extérieur qui réveillent ses activités, et, travaillant en ceux-ci, il s'identifie avec eux. Comme son évolution avance, comme il se développe lui-même, Il découvre peu à peu que ces centres physiques, astrals, mentals, sont ses instruments, et non pas lui-même; il les voit comme parties du "non-soi" qu'il a temporairement uni avec lui-même - de même qu'il pourrait prendre une plume ou un ciseau;— il s'en éloigne, les reconnaissant pour des instruments et les employant tels quels : il sait qu'il est la vie, non la forme; la félicité, non le désir; la sagesse, non la pensée; et, alors, pour la première fois, il est conscient de l'unité, et il trouve la paix. Pendant que la conscience s'identifie avec les formes, elle paraît multiple; quand elle s'identifie avec la vie, elle devient une. Le premier fait important pour nous c'est que, comme l'a démontré H. P. B., la conscience, au point où nous sommes dans l'évolution, a son centre normalement dans le corps astral. La conscience apprend à savoir par sa capacité de sentir, et la sensation appartient au corps astral. Nous sentons, c'est-à-dire nous reconnaissons le contact avec quelque chose qui n'est pas nous-mêmes, quelque chose qui réveille en nous le plaisir, la douleur, ou le point neutre entre les deux. La vie de sensation constitue la plus grande partie de la vie de la majorité d'entre nous. Pour ceux qui sont au-dessous de la moyenne, la vie de sensation compose la vie entière. Pour un petit nombre d'êtres avancés, la vie de sensation est surpassée. La grande majorité occupe les stages divers qui s'étendent entre les termes extrêmes, à savoir : la vie de sensation, celle des sensations, d'émotion et de pensée, en proportions différentes. Dans la vie qui est exclusivement sensation, il n'y a pas de multiplicité de "moi", donc il n'y a pas de conflit; dans la vie qui a dépassé la sensation, il y a un gouverneur intérieur, immortel, et il n'y a pas de conflit; mais,dans tous les stages intermédiaires, il y a des " moi" sans nombre, et, entre eux, le conflit. ...

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